Avril 2025

LA RETRAITE MALTRAITÉE

SI DÉJÀ EN PÉRIODE NORMALE les retraites posaient un problème à cause des difficultés à les financer avec le système de répartition étant donné l’augmentation du nombre de retraités par rapport aux actifs il va sans dire qu’en période d’ « effort de guerre » elles deviennent la cible privilégiée de ceux qui espèrent, en s’attaquant à elles, pouvoir tout financer. Les attaques semblent être de deux ordres : reporter l’âge de départ à la retraite et diminuer les montants des pensions. Si ces mesures n’allaient pas avoir des conséquences fâcheuses pour des millions de personnes il serait presque amusant de constater que les actifs qui soutiennent aujourd’hui de telles idées prônées par certains politiques n’ont pas compris qu’ils en subiront directement les effets plus tard pour leur propre retraite puisqu’ils devront partir à un âge avancé (70 ans ?) et si les pensions baissent qu’ils n’auront quand ils seront à la retraite, contrairement aux politiques qui eux ont plus d’un tour dans leur sac, que les revenus de leur maigre pension.
Ceci étant dit et après avoir tout de même évoqué la solution de la gauche qui, pour rendre toutes choses possibles comme la retraite à 60 ans, pense qu’il faudrait puiser les ressources nécessaires dans l’escarcelle des riches, solution proche d’un conte pour enfant puisque irréalisable sauf d’une manière limitée, il faut dire que pour un pays ayant une dette publique gigantesque et qui doit désormais devoir trouver les financements nécessaires pour construire une défense européenne, les retraites, étant donné les montants très élevés qu’elles constituent, sont un peu comme ce qu'est une poule pour un renard affamé quand il la croise à savoir une tentation bien grande. Bien sûr les retraites sont principalement financées par des cotisations mais, à cause de divers transferts possibles et de l’obligation qu’il a de combler les déficits, l’État qui finance entièrement celles des fonctionnaires aurait tout intérêt à ce que leur coût global diminue. Or il est à noter qu’en cette période de troubles le fait de refuser d’avoir recours à une raisonnable augmentation des impôts sur le revenu (légère pour les plus modestes et plus importante pour les plus riches), qui aurait l’avantage de calmer les esprits, permet d’entretenir un CLIMAT D’ANXIÉTÉ et en ne séparant pas les budgets « défense » et « dette publique » de faire en sorte que de nombreuses idées pour faire des économies, même les plus outrancières, s’expriment et que certaines, grâce à l’affolement que créeraient des financements insuffisants, puissent se concrétiser et parmi ces idées figurent bien sûr celles consistant à réduire le montant des pensions et à durcir les conditions permettant d’accéder à la retraite.
Les retraités, n’étant plus dans la vie active, n’auraient guère de moyens de réagir face à une baisse de leur pension mais, puisque ce sont eux qui votent le plus volontiers, il ne faudrait peut-être pas trop les irriter en n’indexant plus les montants de leurs pensions sur l’inflation ou en les baissant surtout si un autre parti « acceptable » s’engageait lui à ne pas appliquer ces mesures. Et ils pourraient aussi, dans un accès de rage si leur situation devenait vraiment insupportable, décider de créer un jour le « Parti des retraités » (P D R) dont la principale préoccupation serait de faire en sorte que les pensions des retraites ne baissent pas, parti qui bien qu’en principe ouvert à tout le monde accueillerait en priorité et avec bienveillance tous les retraités, quelles que soient leurs orientations politiques, et qui, s’il devenait assez puissant, censurerait toutes les tentatives de porter atteinte à leurs intérêts. Et ceci sans oublier que ce parti pourrait aussi mener des actions-chocs pour montrer sa force qui pourraient consister par exemple à déshériter ses enfants ou ses petits enfants pour ainsi leur apprendre à respecter leurs ainés. Il reste bien sûr à savoir si cette terrible menace serait suffisante pour ramener à la raison ceux qui semblent avoir trouvé dans le pillage des retraites LA SOLUTION aux problèmes du pays.
Pour le reste il est évident que tous les retraités ne sont pas logés à la même enseigne car à montant de pension égal leur vie n’est pas du tout la même lorsqu’ils sont propriétaires de leur logement ou lorsqu’ils sont locataires et même si souvent ceux qui sont devenus propriétaires ont dû faire un effort plus grand que s’ils avaient été locataires pour acquérir leur logement quand ils étaient dans la vie active, un retraité n’ayant pas pu devenir propriétaire se retrouve lui souvent démuni quand il a à payer une location pour son logement. Pour le reste encore l’idée de la « retraite à points », que certains ont ressortie qui serait paraît-il plus juste puisque son montant correspondrait exactement aux périodes travaillées mais qui est selon moi une idiotie totale par rapport au système des 25 meilleures années qui lui permet d’amortir l’effet de plusieurs années de petits emplois mal payés ou de chômage. Que dire de plus sinon que si l’on venait à diminuer même légèrement le montant des pensions la moindre des choses serait de fixer la date de leur paiement, du moins celui de la CNAM pour le régime général, au 1er du mois et non plus au 9 ou 10 ce qui permettrait aux retraités de pouvoir plus facilement gérer leur budget.  E n f i n  puisque surtout pour les salariés modestes la perte des chèques déjeuner constitue un véritable handicap quand ils deviennent retraités il serait sans doute souhaitable que les aides existantes pour l’alimentation, souvent municipales, ne soient pas seulement réservées aux retraités totalement indigents et qu’elles puissent être disponibles sous forme de carnets de chèques même si bien sûr le montant de chaque chèque serait sans doute inférieur à celui des chèques déjeuner des salariés (environ 9 € en 2024).