Septembre 2026

 

Parmi les choses qui semblent ne jamais pouvoir finir figure la dette publique de la France qui bien qu'elle était en constante progression depuis les années 1980 a fortement augmenté à partir de 2017 puisqu’elle est passée de 2.200 milliards à 3.500 aujourd’hui ce qui fait qu’elle est désormais insupportable ne serait-ce que parce que ses intérêts sont devenus le premier poste de dépense de l'État devant le budget de l'Éducation nationale.
On aurait pu croire que face à une telle situation tout le monde serait prêt à agir pour faire en sorte que la dette diminue eh bien pas du tout. Jean-Luc Mélenchon par exemple, qui serait favorable à une annulation de 20 % de la dette sans réaliser que l’effacement partiel de 107 milliards dont a bénéficié la Grèce en 2012 ne correspondrait qu’à 3 % de la dette française, ne ferait sans doute aucun effort, bien qu’il ait dit que si, pour réduire la dette si LFI était amenée à gouverner avec le reste de la gauche (?). Mais il ne serait sans doute pas le seul puisqu'il y a de fortes chances que le RN et également la gauche non radicale ne feraient rien (ou si peu) pour réduire la dette s’ils arrivaient au pouvoir après avoir constaté l’insuffisance de leurs espoirs de financement comme la suppression des budgets consacrés à l’immigration pour l’extrême droite et la taxation intensive des plus riches pour la gauche. Cela signifie donc que plutôt que de demander des efforts à une majorité de Français en prenant soin bien sûr qu’ils soient justes et acceptables car proportionnels aux revenus, le RN et la gauche, pour ne pas ternir leur image sociale, choisiraient plutôt de ne rien demander et de ne rien faire, en oubliant le risque qu’une dizaine d’années plus tard la situation de la dette s’étant tellement dégradée ce serait alors l’Europe (ou le FMI si nécessaire) qui imposerait des plans d'austérité à la France avec des conséquences dramatiques pour le pays et presque tous ses habitants mais puisqu’alors ce ne serait pas le parti RN ou la gauche qui infligeraient les sanctions ils pourraient déclarer ne pas être responsables du désastre. C’est assez pitoyable mais c’est ainsi.
Mais l’action elle aussi pourrait être dangereuse car bien que curieusement le dérapage de la dette n'ait eu lieu qu’en France, sans que l’on ait vraiment cherché à savoir pourquoi malgré son importance, pendant le mandat d’un Président soi-disant centriste qui a peut-être joué un rôle dans cette affaire en oubliant de surveiller la dette, il est à noter que ceux qui maintenant veulent vraiment la réduire font justement partie du bloc central auquel il faut ajouter la droite modérée. Et il semblerait que le sujet de la dette sera leur argument principal pour espérer obtenir une majorité en 2027 car il s’agira alors de SAUVER LE PAYS DE LA RUINE. Mais même si à force d’entendre que la situation est grave de nombreux électeurs finissent par être convaincus qu’il faut agir ce n’est pas pour cela qu’ils souhaiteront forcément donner sans aucune garantie une carte blanche c’est-à-dire une majorité absolue à ceux qui voudront lutter activement contre la dette. En effet il y aurait alors de forts risques que des abus en tous genres (retraite à 67 ans ou +, fin des 35 heures etc.) soient commis étant donné toutes les mesures, parfois très dures, qui ont été annoncées depuis des mois comme étant nécessaires. L’on risque donc de se retrouver devant un terrible dilemme consistant soit à accepter que l’on se dirige vers une sorte de mise sous tutelle à plus ou moins long terme si le RN ou la gauche arrivaient au pouvoir soit que des mesures trop sévères soient prises si par exemple quelqu’un comme Édouard Philippe obtenait une majorité absolue après avoir remporté la présidentielle et dans les 2 cas bien sûr cela ne serait pas acceptable.
Concernant la majorité absolue il faut à mon avis rappeler qu’elle permet de prendre toutes les mesures que l’on souhaite, même si elles n’ont pas été prévues dans le programme initial du candidat ou du parti, puisque le risque de renversement du gouvernement est quasi nul, la seule réaction possible étant des manifestations suite à une mesure jugée excessive tout en sachant que dans un contexte où le but est de faire des économies il est bien sûr possible de retirer une mesure trop impopulaire pour la remplacer par une ou plusieurs autres en espérant qu’une certaine lassitude finira par gagner les protestataires. Bien sûr la France a connu pendant très longtemps des majorités absolues et des alternances ont eu lieu quand les Français étaient mécontents de la politique menée mais il me semble qu’en 2027 le risque que des abus soient commis serait particulièrement élevé étant donné l’absence de majorité absolue depuis 2022 ce qui pourrait inciter certains à profiter de l’aubaine d’une majorité retrouvée pour agir pendant qu’ils le peuvent d’une manière excessive. En tous cas si une majorité était obtenue par l'addition des voix du bloc central et la droite modérée, puisque l’on ne saurait pas précisément quelles pourraient être la nature et l’ampleur de leur action, le pays risquerait alors de ne pas être « redressé » d’une manière choisie mais d’une manière imposée.
C’est pourquoi il serait sans doute souhaitable, si un Président non extrême et n’étant pas de gauche était élu, qu’il n’obtienne pas de majorité ou alors seulement une majorité relative permettant à des députés d’autres partis, par exemple de la gauche non radicale, d’empêcher que des abus soient commis en apportant leur soutien uniquement à des mesures qui ne leur sembleraient pas excessives. Et si d’aventure la présidence était remportée par l’extrême droite mais qu’elle n’obtienne pas de majorité il ne faudrait pas seulement que la gauche, le centre et la droite modérée l’empêchent d’appliquer son programme mais qu’ils s’entendent pour gouverner ensemble et concernant la dette publique qu’ils réussissent à voter des mesures efficaces mais acceptables permettant de commencer enfin à la réduire avant qu’une mise sous tutelle devienne un jour inévitable ce qui mettrait fin d’une manière particulièrement douloureuse à « LA DETTE SANS FIN ».